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Une frenchie à la découverte de l'autre bout du monde, partie voir là-bas si j'y étais.

dimanche 14 octobre 2012

1 jour et demi à Singapour

Au final, je n'aurais donc qu'un peu moins de deux jours à Singapour, mais je crois que ça suffisait. Non pas que la ville ne soit pas intéressante et étonnante, mais finalement, durant cette journée et demi, j'ai vu presque tout ce que je voulais voir. Difficile d'expliquer, alors il va y avoir beaucoup de photos. Par contre la lumière était blanche, donc bien pourrie. Car on se le dise, à Singapour, il fait gris. Gris blanc en fait. Et il pleut, tous les jours dans l'après-midi. Une pluie chaude qui ne fait pas baisser la température étouffante.
La ville est extrêmement métissée. Ça commence dès le métro : des asiatiques, des indonésiens, des indiens, quelques blancs, manifestement des expats qui sont là pour le boulot. On retrouve ce métissage dans les lieux de culte, qui représentent toutes les religions.
Singapour est immense, extrêmement étendue. On a l'impression d'être en banlieue à certains endroits, mais non, on est toujours dans la ville même. Certains quartiers sont bordés de petites maisons aux façades victoriennes et Art Déco. D'autres alignent leurs buildings étincelants, qui ont des formes qui défient la gravité. Beaucoup de shopping centers, beaucoup de magasins de nourriture, beaucoup de parcs aussi. J'ai eu l'impression de passer la majeure partie de ces deux jours dans des Malls et/ou à manger. Toutes ces cuisines différentes, partout! D'ailleurs le soir je m'aventure dans le quartier chinois, dans un restau où il n'y a que des locaux, pour commander une sorte de pudding au poisson : une soupe de riz très épaisse, qui cale complètement, pour moins de 3 euros.
Jardins publics, universités, les quais, les temples, la marina, j'arpente et je marche encore dans la ville, durant ces deux jours, avant de m'échouer dans un starbucks pour rédiger un bout du blog.
Enjoy les photos.
Ma première vision de Singapour, une mosquée bleue

L'entrée d'Ali Nest


Entrée d'un temple boudhiste

Little India







Un des immenses parcs publics



sur les quais de la rivière singapour, des restaurants, des bars, des salles de spectacles

Et même un pub irlandais






Le quartier chinois à la tombée de la nuit






C'est là où est vénérée une des dents de Boudha


Oui, c'est un ananas géant lumineux. Pourquoi? Pourquoi pas!

Un des foods markets les plus connus


Balade sur la marina, et vue sur l'incroyable musée des sciences


Une petite pensée émue pour cet objet de désir qu'est le Burger King pour les pauvres français frustrés

Du pain! Du vrai pain... Owiiii


Ce n'est pas Disneyland, mais c'est tout comme : Sentosa Island, une sorte de parc d'attraction géant installé sur une île.

Où on accède par téléphérique, ou par un petit train automatique

Et juste à côté du port de plaisance, le vrai port, de commerce, une ville à part entière, avec ses grues immenses.



Sur le toit du shopping center d'Harbour front, il y a une terrasse avec des espaces verts, et des restaurants

Le jardin d'orchidé du parc botanique, une merveille




L'immense jardin chinois, tout prêt pour la fête des lampions, sauf que la fête n'a lieu que de nuit, et que c'est horriblement triste, une fête foraine abandonnée.

Le lièvre et la tortue, grandeur plus que nature.









Départ raté, puis départ, tout de même

Aujourd'hui, ce n'est pas mon jour.
Une photo de l'enseigne, à défaut de l'intérieur
Mon avion ne pars qu'à 14h et j'avais envie de retourner au restaurant Balique, histoire d'en prendre de vraies photos et de profiter de leur superbe cadre. Et je voulais trouver un endroit pour changer un peu de ce qui me reste comme euros car toutes mes roupies sont passées dans le homard et que je n'ai pas de quoi payer le taxi et la laverie. Par chance, il y a un bureau de change officiel juste à côté de Balique, que je mets une bonne demi-heure à atteindre à pied. Mais. Il est 9h, et il n'y a pas signe de vie. Une passante m'indique que ça n'ouvrira probablement pas avant 10h30, et je voudrais prendre le taxi à 11h... Comme ça sent le roussi et que je n'ai pas vu d'autres bureaux de change, je tire de l'argent, tant pis pour la commission, et me rentre à l'hôtel. En croisant pas moins de 5 bureaux de change que je n'avais pas vus à l'aller.

Comme UN échec ne me décourage pas, lorsque je fais mon check-out et que le garçon d'hôtel me propose d'appeler un taxi, sachant que l'appel est payant, je lui répond gentiment que je vais trouver seule, après tout j'ai vu pleins de taxis libres quand je marchais tout à l'heure en direction du restau. Oui mais ça c'était à 9h, pas à 11. Parce que là, des taxis, il y en a un qui passe toutes les 10 minutes, et il est pris. Une demi-heure à chercher, changer de rue, demander, et je finis par rentrer à l'hôtel en stress en leur disant que finalement, voilàààà, s'ils pouvaient m'appeler un taxi ce serait gentil parce que je suis déjà à la bourre...
Aéroport enfin, où j'apprend que j'aurais du payer un supplément au moment où j'ai pris mon billet pour le fait que j'avais un bagage en soute. Lorsque l'employé me demande si je veux tout de même enregistrer mon gros sac qui gît là sur la balance, j'ai un vieux sourire désabusé. Ben non hein, il y a toutes mes fringues et toute ma vie pour 1 an dedans, je vais le laisser là. Ça fera donc 48 dollars. Américains . Non je ne peux pas payer en euros, mais je peux les échanger. Contre des dollars. Et puis avec la fritaille qu'il me reste en roupies, ça fait tout juste 51 dollars, j'ai de la chance. Heu. Oui. De la chance oui... Super. Bon, et ben voilà, je suis à l'aéroport avec... 3 dollars, plus de roupies, et je n'ai pas petit déjeuner. Je dépense donc mes précieux dollars dans un mauvais paquet de chips et vais attendre mon avion en salle d'embarquement.

Avion qui n'arrive pas. On devait partir à 14h15, puis on nous dit 16h, puis 18h. Ça s'affole, certaines personnes ont des correspondances, les informations sont distillées au compte-goutte (ou peut-être devrais-je dire au pied de biche, car le seul moyen de savoir ce qui se passe est d'aller demander au personnel, qui est lui-même dans le brouillard, car aucune annonce ne sera faite, à aucun moment)... Bon. Pas de quoi s'affoler pour moi, j'ai 2 jours de transit à singapour, pas de guesthouse réservée, tranquille. Je me rapproche tout de même d'un couple de français en âge d'être mes parents, histoire de partager les quelques bribes de compréhension qu'on a de la situation. Puis la dernière info tombe : il s'agit d'un problème de moteur, et le temps qu'il soit réparé il fera nuit, or Jetstar n'a pas le droit de décoller de nuit. Ca c'est formidable non? Une compagnie qui n'a pas le droit de décoller de nuit. On s'affole encore autour de moi, ça crie, ça demande des explications, des garanties sur comment on va faire pour cette nuit.
Et d'un seul coup tout se débloque. On est conduits dans une autre partie de l'aéroport où on nous donne à boire et à manger, puis on récupère nos bagages et on monte dans des cars qui nous débarquent 40 minutes plus tard dans un hôtel luxueux de Kuta, assez grand pour nous accueillir tous, avec piscine, spa, repas gratuit le soir, chambre individuelle pour tous et trajet inclus le lendemain à 4h (car nous devons décoller à 6h30). Assez incroyable comme on est passés d'une situation où l'impression générale était qu'ils n'avaient jamais eu à gérer ce genre de chose à une prise en charge parfaite et totale.

MA chambre. J'en ai gloussé d'incrédulité en y arrivant.

D'autant que c'est bien plus chic que tout ce que j'ai vu durant ces 3 dernières semaines.
Je rejoins le couple de français pour le repas et rigole sous cape de la rapidité à laquelle ils sont passés de "c'est intolérable, on ne va pas dormir dans l'aéroport tout de même!" à "Bon, c'est pas mal géré, mais on a même pas de fenêtre dans notre chambre, ça va que ce n'est que pour une nuit. Et puis bon, le buffet là c'est pas mal, mais je suis sur que le vrai menu est meilleurs. En plus la bière est payante!". Moi je suis là, aux anges de manger et dormir gratuitement, à opiner de la tête en regarnissant pour la troisième fois mon assiette de salade.
Réveil à 3h, par le téléphone qui sonne dans toutes les chambres. Une douche, chaude, et je suis en bas avec les autres, à prendre ma breakfastbox, et à m'approcher du couple de français qui recommence à grommeler. Levé trop tôt, et le petit dèj' est pas terrible (oui bon, c'est vrai, mais bon...) et gnagnagnaaa. Je m'éloigne doucement vers deux australiens d'une soixantaine d'années qui, eux, ont la banane, et se foutent de ceux qui ont la tête dans le pâté. C'est comme ça que je rencontre Franck, qui fait de l'import export, est de Brisbane, mais reviendra vivre sur une des petites îles indonésiennes quand il se mettra à la retraite, bientôt, et qui ne voit vraiment pas de quoi on peut se plaindre ce matin. On est sur la même longueur d'onde, et on reste ensemble jusqu'à l'entrée dans l'avion.
Ensuite tout va assez vite finalement. Arrivée à Singapour, je rushe un peu, de peur d'être prise dans le flot qui arrive à l'immigration, vais pour attraper mes bagages, et me retrouve dehors, sans avoir revu personne. Zut.
Bon ben direction la consigne, où je laisse mon gros sac, et le métro aérien pour changer de terminal. Puis demi-tour parce que ce n'est pas le bon terminal pour prendre la carte de transport... Ok... je vais y arriver. Et 40 minutes plus tard, voilà, j'y suis. Singapour, dont les rues sont si larges que, de ce que j'en ai vu jusqu'ici, on se croirait encore en banlieue.
La guesthouse que j'ai repérée est dans Little India. C'est un endroit pas cher, qui a l'air tranquille, avec de bonnes recommandations d'autres voyageurs. A peine arrivée, Ali me dit "Good morning" (il est 11h), et me prend en charge. Ali, c'est le patron, c'est pour ça qu'il a appelé sa guesthouse Ali's Nest. Ici, c'est simple, me dit-il. D'accord. Il me montre les chambres, me propose un thé, un toast, me montre la salle de bain, me donne une carte, me demande qu'elle chambre je veux (le dortoir, ça sera très bien), me fait payer d'avance, et m'abandonne sur place, un peu sonnée, devant une tasse de thé et un toast tartiné de vrai beurre. J'apprendrais plus tard que c'est comme ça avec tout le monde. Good morning qu'elle que soit l'heure, et "It's simple, simple, you want a room? here. You want a tea, get a tea. You want a map?".

Rentrer sur la terre ferme

Après plusieurs jours passés sur ou près de l'eau, ou sur des structures souples en bambou, j'ai l'impression étrange de tanguer doucement, en permanence.
Julie et moi nous avons négocié notre transport en fastboat au prix affiché pour les ferries, mais au final, avec le retard au départ et les arrêts sur les autres Gilis et à Lombok pour récupérer les passagers, on aura mis presque autant de temps qu'en ferry. Sauf que, comme le fait remarquer Julie, c'est moins confortable, on se fait tremper jusqu'aux os par les embruns, et on a bien plus envie de vomir. En l’occurrence  pas moi. J'ai l'impression que mon mal des transports s'estompe. Mince, est-ce que ça veut dire que je deviens une adulte??
On a retrouvé Catherine sur le bateau et c'est grâce à elle que j'ai appris que je pouvais me faire directement déposer à Jimbaran, sans devoir repasser par Kuta pour prendre un taxi. Arrivée à Jimbaran et malgré le guide qui m'annonce qu'il est difficile d'y trouver un logement, je cherche par moi-même, fini par me paumer dans des ruelles, où une famille hilare pousse une de ses membres à me trimbaler sur son scooter avec mes gros sacs jusqu'à une guesthouse toute proche, qui devrait être dans mes prix. Elle est encore trop chère mais je suis crevée et je dois avoir l'air tellement désespéré plantée là au milieu de la cour avec mes gros sacs à regarder bêtement dans le vide à demander s'il n'y a pas quelque chose de moins bien mais moins cher plus loin que la propriétaire fini par me baisser le prix de presque 100000 roupies. J'écope donc d'une grande chambre moderne avec douche chaude, air conditionné, lit hyper confortable, frigo, télé, wifi... pour 175 000 roupies.
Si j'ai choisi Jimbaran pour ma dernière soirée, c'est pour manger du poisson sur la plage. Au soleil couchant j'arpente la rue de bord de mer, essayant de trouver un restaurant où je pourrais manger du homard ou une langouste pour pas trop cher. La bonne blague dans ce coin hyper touristique. Plusieurs serveurs me proposent des réductions mais je me dirige vers le Ganesha où j'avais passé une si bonne soirée en compagnie d'Opa et de son amie. Là, le serveur à l'entrée me propose un étrange deal : un petit homard, des crevettes et des sortes de grosses coques, tout ça à un prix bien inférieur à ce qui devrait m'être facturé. Je n'ai qu'à venir le chercher quand j'ai fini, et il viendra avec moi à la caisse.
Ça sent un peu l'embrouille mais bon, comme ça je vais pouvoir goûter le homard.
 Les crevettes sont décevantes, les coques aussi, bien moins bonnes que la dernière fois, et je commence à me dire que je me suis fait avoir. J'ai gardé le homard pour la fin, c'est la première fois que j'en mange. Et l'expérience vaut le coup! C'est ferme, c'est parfumé, c'est délicieux! A la lumière de ma bougie, cachée par l'obscurité de la nuit, j'y mets les doigts et les dents, et suce jusqu'à la dernière parcelle de chair de crustacé...
J'étais aussi revenue pour le groupe de musique qui m'avait tant fait rire avec leurs reprises très personnelles de grands standards de la pop internationale.
Mais s'il y a bien un groupe ce soir, ce n'est pas la même que ma dernière fois, et il est bien moins bon. Il finit d'ailleurs par laisser place à une démonstration cheap de dance legong, des jeunes filles à peines costumées dansant au son d'un gamelan enregistré. J'ai l'impression d'être à Djerba, lorsque nous avions avec les parents assisté à un dîner avec démonstration de bellydance à paillette. Même sentiment de fausseté, d'attraction touristique tape à l'oeil et dépouillée de son authenticité. Alors je ne m'attarde pas et rejoint le serveur qui m'a proposé le deal. Il me demande en fait de le payer directement, de la main à la main, et je sens l'embrouille encore plus grosse. Donc en fait il vole son employeur.... très biiieennnnn. En même temps, j'ai déjà mangé, je peux difficilement refuser, parce que s'il me fait passer à la caisse avec le vrai prix de mon repas, qui se monte déjà à 400 000 roupies (35€ en gros), je n'aurais clairement pas les moyens de payer... Hyper mal à l'aise, je paye donc, et rentre à mon hôtel en me disant que demain je n'ai pas intérêt à revenir me balader par là.

vendredi 12 octobre 2012

Mardi, c’est Gili… Meno

On nous l’a vendue comme un paradis, où se sentir Robinson. Une île minuscule dont on fait le tour en 1 heure, en flânant. Alors on a pris. Julie et moi on a les mêmes envies après le trek, le même rythme, on fonctionne bien ensemble, alors on prolonge et elle me suit sur Meno, où on se trouve un bungalow face à la mer, loin du (microscopique) centre-ville. Glandage, plouf, dodo dans le hamac, voilà une journée qui s’annonce productive. 
Au départ de Gili T

L'arrivée, eau incroyablement transparente.

Ca, c'est chez nous pour la journée, et la nuit


 Avec juste notre serviette de bain et notre appareil photo dans le sac, on part à la recherche d'un coin où manger et on se trouve des espèces de paillotes en hauteur, sur pilotis, où on mange vautrées sur des coussins, en observant à travers les persiennes de bambou la touriste de la paillote voisine faire du yoga de haut vol.




Une petite promenade digestive, sous le cagnard sans un poil de vent d'un ciel qui tourne à l'orage. Aux premiers grondements, on commence à se dire qu'on va se prendre un sacré grain sur la tête. Un petit détour sur les décombres d'un complexe hôtellier de luxe abandonné (suite à une faillite liée aux attentats de Bali apprendrons-nous) et on se rapproche de la mer, car quitte à être mouillées, autant l'être dans l'eau. Et on ne va pas être déçues. Plongées jusqu'au cou dans l'eau qui alterne bleu marine et turquoise, on voit le front de pluie argenté qui, partant de Gili Air, se rapproche à toute vitesse de nous. Un arc-en-ciel sur Air et voilà les premières gouttes qui nous fouettent. Sensation complètement irréelle d'être là, face à Lombok, dans l'eau et sous l'eau, avec des lumières d'orage extraordinaires.






Aussi vite que ça a commencé, le front passe et on boucle notre tour de l'île en séchant doucettement. On en profite pour traverser l'île, en se dirigeant vers l'ouest pour aller voir le coucher de soleil. Au bar, on rencontre Driss, un belge flammand échoué à Meno depuis 1 an dans un des clubs de plongé, et Catherine, une québécoise venue en Indonésie prendre un bon bol d'eau de mer. Soirée très agréable à manger en leur compagnie, avant d'aller s'effondrer dans notre lit double sous moustiquaire du Blue Coral, où, malgré la forte présence sonore des vagues, je perds conscience en un instant.